William N. Copley, Imaginary Flag for U.S.A., 1972, stitched and sewn fabric (cotton, nylon, polyester), 127 x 182 cm, William N. Copley Estate, New York ©VG Bild-Kunst, Bonn 2017

America! America! How real is real?

09 décembre 2017 – 27 mai 2018

Mythes, projections, aspirations : à l’ère des « fake news » et des « alternative facts », il apparaît clairement que le rêve américain est inextricablement lié à des images et symboles ayant une forte charge émotionnelle. Dans le même temps, il n’existe guère d’autre nation qui soit aussi consciente de l’impact potentiel des images. Les représentations de l’ « American way of life » produites par les médias et l’industrie du divertissement sont aptes à cimenter certains rapports de force et perceptions de la réalité existants, tout autant qu’à les remettre radicalement en question.

Au travers de quelque 70 chefs d’œuvre de l’art américain contemporain, tels Race Riot (1964) de Andy Warhol, Bear and Policeman (1988), une sculpture grandeur nature signée Jeff Koons, ou les installations en lettres lumineuses de Jenny Holzer Truisms (1994), l’exposition America ! America ! How real is real ? montre comment les artistes ont commenté la réalité américaine depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui. Elle invite à un voyage à travers la culture visuelle de l’Amérique par le biais d’œuvres faisant partie de la collection Frieder Burda tout comme de nombreux prêts prestigieux.

Les grands noms du pop art tels que Andy Warhol, Roy Lichtenstein ou James Rosenquist ont été les premiers à transformer la surface de la culture de la consommation en un art dont le langage possède une énorme force de séduction et une froide distance. En adoptant les méthodes de la reproduction commerciale des images, ils abandonnent les notions traditionnelles d’authenticité. C’est le même sentiment d’aliénation qu’incarnent les œuvres des grands peintres américains des années 1980. Les toiles de Eric Fischl, intensément psychologiques, les scènes hermétiques de Alex Katz, les immenses dessins au graphite de Robert Longo aux accents de films noirs, dissèquent les rêves et les peurs d’une classe moyenne blanche en mal de repères. Au même moment, des artistes tels que Jeff Wall ou Cindy Sherman conquièrent la scène artistique en posant un regard critique sur notre perception marquée par les médias ; ils deviennent des modèles pour les générations futures. L’art conceptuel, la performance et la photographie sont autant de stratégies qui créent des univers picturaux dans lesquels se perdent les frontières entre réalité et mise en scène : How real is real ?